Senelec : le paiement des primes maintenu après l’accord avec les syndicats
Le bras de fer autour du paiement de la Prime sur le résultat annuel bénéficiaire (PRAB) à la Senelec semble avoir trouvé une issue. D’après plusieurs sources concordantes, un accord a été obtenu entre le gouvernement et la Convergence syndicale des travailleurs de la Senelec, à l’issue d’une rencontre avec le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf. Les garanties données par les autorités doivent permettre le versement de cette prime, estimée à près de 4 milliards de FCFA, et éloignent pour l’heure le risque de perturbations dans la fourniture d’électricité.
Selon les informations disponibles, la tension est née d’une appréciation contestée de la situation financière de la société nationale. Des documents transmis aux autorités auraient présenté la Senelec en déficit, notamment en raison de créances importantes dues par l’État. Plusieurs médias évoquent plus de 573 milliards de FCFA de créances, dont 182 milliards liés aux factures d’électricité impayées de l’administration et 391 milliards au titre des compensations tarifaires. Une relecture comptable aurait permis de relativiser cette situation et d’ouvrir la voie au paiement de la PRAB.
Le climat social s’était fortement tendu ces derniers jours, les syndicats menaçant de durcir le mouvement en cas de non-paiement. Une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, dans laquelle un responsable syndical appelait les usagers à se préparer à d’éventuelles coupures, avait renforcé les inquiétudes. Après les discussions avec la tutelle, le secrétaire général du Sutelec, Mouhamed Habib Aïdara, a symboliquement retiré son brassard rouge, signe de l’apaisement annoncé par les représentants des travailleurs.
Cette issue devrait permettre de préserver la continuité du service public de l’électricité, un enjeu central pour les ménages comme pour les entreprises. Les prochaines étapes porteront sur le calendrier effectif du paiement et sur la clarification durable des relations financières entre l’État et la Senelec. Pour les autorités, le dossier constitue aussi un test de dialogue social dans un secteur stratégique, où toute tension prolongée peut avoir des répercussions économiques et sociales immédiates.
