Dette publique : l’encours du Sénégal atteint 25 583 milliards FCFA en 2024
Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a publié un Bulletin statistique de la dette publique couvrant la période 2019-2024. Selon les chiffres repris par la presse nationale et consultables dans les ressources documentaires du ministère, l’encours de la dette du secteur public sénégalais est passé de 11 219 milliards de FCFA en 2019 à 25 583 milliards de FCFA en 2024. Cette évolution représente une progression de plus de 128 % en cinq ans.
Rapportée au produit intérieur brut, la dette publique atteindrait 128,6 % à fin 2024, contre 81,8 % en 2019. Le document précise toutefois que ces ratios n’intègrent pas encore les effets du rebasage du PIB en cours. Cette publication intervient après plusieurs travaux de fiabilisation des données, notamment ceux de l’Inspection générale des finances, l’audit de la Cour des comptes publié en février 2025 et l’exercice de réconciliation conduit avec l’appui du cabinet Forvis Mazars.
Dans le détail, l’administration centrale concentre l’essentiel de l’endettement, avec un encours évalué à 23 667 milliards de FCFA. Cette somme comprend 16 894 milliards de dette extérieure et 6 773 milliards de dette domestique. Le secteur parapublic représente pour sa part 1 917 milliards de FCFA. La dette extérieure constitue ainsi environ 71 % de l’encours de l’administration centrale, avec comme principaux créanciers les institutions multilatérales, les créanciers commerciaux et les partenaires bilatéraux.
Ces données devraient alimenter le débat sur la trajectoire budgétaire du Sénégal, la transparence financière et les marges de manœuvre de l’État. Elles arrivent aussi dans un contexte de vigilance accrue sur le coût du service de la dette et sur les conditions de financement du développement. Les prochaines étapes concerneront notamment l’analyse parlementaire, les discussions avec les partenaires techniques et financiers, ainsi que les choix de politique économique destinés à maîtriser le rythme d’endettement. Pour les autorités, l’enjeu sera aussi de renforcer la lisibilité des comptes publics et la confiance des investisseurs.
