Sénégal : le torchon brûle entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye
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Les relations entre Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et chef de file du Pastef, et le président de la République Bassirou Diomaye Faye traversent une zone de turbulences. Selon plusieurs sources concordantes, des divergences profondes seraient apparues entre les deux hommes, notamment autour de la révision constitutionnelle en cours et de la gestion de la majorité parlementaire. Le torchon brûlerait entre les deux figures emblématiques du pouvoir, au point de faire craindre une fracture au sein de la coalition au pouvoir.
Cette tension intervient dans un contexte politique déjà marqué par de vifs débats à l’Assemblée nationale. La révision constitutionnelle, portée par le gouvernement, cristallise les oppositions. En commission, le Pastef aurait imposé ses amendements, notamment sur les articles relatifs à la motion de censure et à la dissolution de l’Assemblée nationale — deux dispositions qui, selon des observateurs, modifieraient sensiblement l’équilibre des pouvoirs. Le président Diomaye Faye, qui avait initialement appelé à un dialogue national inclusif, verrait d’un mauvais œil cette démonstration de force parlementaire.
D’après les informations disponibles, Ousmane Sonko estimerait que le chef de l’État ne soutient pas suffisamment les initiatives législatives du Pastef, tandis que Diomaye Faye considérerait que le président de l’Assemblée nationale outrepasse ses prérogatives. Cette situation rappelle les tensions déjà observées entre Ousmane Sonko et le Premier ministre Al Amine Lô la semaine dernière, lorsque le leader du Pastef avait déclaré que le chef du gouvernement devait « se limiter aux chiffres ». Les observateurs s’interrogent désormais sur la solidité de l’alliance entre les deux « D » — Diomaye et le duo Sonko-Pastef — qui avait pourtant porté l’alternance en 2024.
La société civile, par la voix du Forum Civil et d’autres organisations, a appelé à suspendre la plénière prévue sur la révision constitutionnelle et mis en garde contre une crise institutionnelle. Alors que la séance plénière du 29 juin approche, les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir de la cohabitation au sommet de l’État. Selon plusieurs analystes, un compromis reste possible, mais le temps presse.
