Kafountine : le difficile combat contre le phénomène des grossesses précoces
À Kafountine, les grossesses précoces demeurent un défi majeur de santé publique, avec un lourd impact sur les adolescentes, la scolarité et l’accès aux soins.
À Kafountine, dans la région de Ziguinchor, les grossesses précoces restent un problème de santé publique et de protection sociale. Sur le terrain, les équipes sanitaires, les enseignants et les relais communautaires tentent de freiner un phénomène qui touche encore de nombreuses adolescentes et compromet leur scolarité comme leur avenir.
Selon le constat dressé par l’APS, le poste de santé local a enregistré 548 grossesses chez les filles de 15 à 19 ans en 2025, auxquelles s’ajoutent deux cas chez des adolescentes de 10 à 14 ans. Les professionnels de santé rappellent que ces situations exposent les jeunes mères à des complications parfois graves, notamment lorsque le corps n’est pas encore prêt pour mener une grossesse à terme, sans accompagnement adapté.
Les acteurs interrogés expliquent cette réalité par plusieurs facteurs, dont la précarité économique, la mobilité saisonnière liée à la pêche et le tabou persistant autour de l’éducation sexuelle. Dans cette commune côtière très fréquentée, la pression sociale et les échanges avec des visiteurs de passage accentuent la vulnérabilité de certaines filles, souvent attirées par de petits cadeaux, un soutien matériel ou une promesse d’aide immédiate.
À cela s’ajoutent les difficultés d’évacuation vers Ziguinchor, aggravées par l’état de la route et les pannes récurrentes des ambulances. Pour limiter les risques, les services de santé privilégient désormais un suivi plus précoce des adolescentes enceintes. Le combat contre ce fléau passe aussi par la sensibilisation des familles, la prévention en milieu scolaire, l’appui communautaire et une meilleure prise en charge des jeunes filles concernées.
