Cybersécurité : le Sénégal impose de nouvelles obligations aux acteurs publics et privés
La nouvelle loi sénégalaise sur la sécurité numérique impose des obligations aux acteurs publics et privés, avec un régime renforcé pour les infrastructures critiques.
Le Sénégal renforce son dispositif de défense numérique avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle loi consacrée à la protection des infrastructures d’information critique et à la sécurité numérique. Présenté par la RTS comme un passage des recommandations aux obligations, le texte impose désormais un cadre juridiquement contraignant aux acteurs publics et privés.
Les organisations qui exploitent des réseaux ou des systèmes d’information devront désigner un responsable de la sécurité, adopter une politique dédiée, prévoir des plans de continuité et de reprise d’activité, protéger les données sensibles et se soumettre à des audits. Une cyberattaque significative devra être signalée, tandis que les personnes concernées devront être informées en cas de violation de données personnelles.
Le régime est renforcé pour les infrastructures critiques, notamment dans la défense, la sécurité publique, la justice, les prisons et les douanes. L’eau, l’électricité, les télécommunications, la santé, l’état civil et les services financiers pourront également être concernés après identification par les autorités compétentes. Ces structures devront établir un programme de cybersécurité sous cinq mois, assurer une supervision permanente dans l’année et notifier tout incident sous 24 heures.
Le dispositif prévoit aussi des audits annuels internes, un audit externe tous les trois ans et des contrôles inopinés de l’autorité nationale de cybersécurité. L’objectif affiché est de réduire les interruptions prolongées et de permettre aux services essentiels de se rétablir rapidement après une attaque. La réforme devrait enfin accroître les besoins en experts, analystes et prestataires agréés, tout en consolidant l’architecture nationale de réponse aux incidents dans les délais.
