Ousmane Sonko n’exclut pas une motion de censure contre le gouvernement : « Si les circonstances l’exigent, nous l’utiliserons »
Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a clarifié ce mercredi sa position sur les relations entre le pouvoir législatif et l’exécutif, affirmant que la motion de censure demeure une option constitutionnelle que les députés pourraient actionner « si les circonstances l’exigent ». Invité de France 24, le leader du Pastef a toutefois précisé que sa formation n’entend pas s’inscrire dans une logique de confrontation systématique avec le gouvernement.
Depuis son limogeage du poste de Premier ministre le 13 juin dernier, Ousmane Sonko occupe désormais le perchoir de l’Assemblée nationale. Cette nouvelle configuration institutionnelle place le Pastef dans une position singulière : le parti détient la majorité parlementaire tout en étant dirigé par une personnalité qui n’appartient plus à l’exécutif. Cette situation inédite soulève des interrogations sur l’équilibre des pouvoirs entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale.
Lors de son intervention, Ousmane Sonko a tenu à nuancer sa précédente déclaration selon laquelle le Pastef ne censurerait pas le gouvernement. « Nous ne serons pas dans des logiques politiciennes de censurer pour régler des comptes », a-t-il déclaré, tout en rappelant que « la motion de censure demeure une prérogative constitutionnelle de l’Assemblée nationale ». Le leader du Pastef a insisté sur le fait qu’aucun « chèque en blanc » n’avait été accordé au gouvernement. Il estime néanmoins qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’action gouvernementale, soulignant que l’équipe vient d’être installée et doit disposer du temps nécessaire pour mettre en œuvre sa politique. Selon lui, le respect des règles institutionnelles suffit à garantir la stabilité du système : « Nous n’avons pas besoin d’être de grands amis pour que cela fonctionne ».
Cette mise au point intervient dans un contexte de vives tensions au sein de l’ancienne majorité présidentielle. Depuis le limogeage de Sonko, plusieurs démissions ont été enregistrées dans la haute administration et des ralliements agitent les rangs du Pastef. La perspective d’une motion de censure, bien que présentée comme une option de dernier recours, pourrait peser sur l’action du nouveau gouvernement et rappelle que l’équilibre institutionnel sénégalais repose désormais sur une cohabitation inédite entre un président de la République et un président de l’Assemblée nationale issus du même parti mais aux trajectoires politiques divergentes.
