Détournement présumé des aides aux sinistrés de 2025 au Sénégal : plusieurs suspects en garde à vue
29 juin 2026

Détournement présumé des aides aux sinistrés de 2025 : plusieurs suspects en garde à vue, des centaines de ménages victimes

Vigilance crue – inondations – pluie

Une vaste enquête sur des détournements présumés de fonds destinés aux sinistrés des inondations de 2025 a conduit au placement en garde à vue de plusieurs personnes depuis jeudi dernier. Parmi les suspects figure Birane Guèye, coordonnateur du Projet d’appui à la protection sociale adaptative (Paspa), ainsi que plusieurs superviseurs. Les qualifications retenues sont lourdes : détournement de fonds publics, extorsion de fonds, faux et usage de faux, et association de malfaiteurs.

Selon les informations rapportées par plusieurs médias sénégalais, l’enquête a été ouverte en février 2026. Elle porte sur des faits présumés de haute délinquance commis dans le cadre du versement de l’assistance financière aux ménages victimes des inondations de 2025. Ces aides étaient opérées par le Fonds de solidarité nationale (FSN) à travers la bourse du Paspa. Les enquêteurs soupçonnent l’existence d’une organisation structurée ayant profité du dispositif destiné aux populations sinistrées.

D’après les premiers éléments de l’enquête, le réseau présumé ne se serait pas limité à l’inscription de sinistrés fictifs sur les listes de bénéficiaires. Il aurait également exercé des pressions sur des bénéficiaires réels, contraints de reverser une partie des montants perçus. Les chiffres provisoires font état de 573 ménages victimes recensés à Keur Massar, 562 à Pikine et plus de 200 à Dakar. Les montants individuels variaient entre 100 000 et 200 000 francs CFA. Le coordonnateur Birane Guèye aurait perçu l’essentiel des sommes collectées, tandis que les superviseurs auraient conservé des commissions personnelles comprises entre 250 000 et 550 000 francs CFA.

Les gardes à vue se poursuivent et l’enquête est toujours en cours. Outre Birane Guèye, les superviseurs Khady Faye, Sophie Sylla, Fatimata Samba Diouf et Malick Diouf sont également entendus par les enquêteurs. Pour le coordonnateur du Paspa, la circonstance aggravante d’abus de fonction a été retenue en raison de sa qualité. Le préjudice global pourrait être considérable au regard du nombre de ménages concernés et des montants en jeu. D’après plusieurs sources, l’enquête devrait se poursuivre dans les prochains jours pour déterminer l’ampleur exacte des détournements et identifier d’éventuels autres complices.