Conseil constitutionnel : le recours contre le retour d’Ousmane Sonko était irrecevable, selon le juriste Mory Fall
Le constitutionnaliste Mory Fall, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, a livré ce dimanche une analyse détaillée des raisons pour lesquelles le recours introduit devant le Conseil constitutionnel contre le retour d’Ousmane Sonko était juridiquement irrecevable. Selon le juriste, la décision de la haute juridiction s’inscrit dans une logique constitutionnelle rigoureuse que les requérants n’auraient pas suffisamment anticipée.
D’après les explications fournies par le constitutionnaliste, le recours se heurtait à un obstacle procédural fondamental lié aux conditions de saisine du Conseil constitutionnel. Mory Fall aurait notamment souligné que les requérants n’avaient pas démontré un intérêt à agir suffisamment caractérisé au regard des textes en vigueur. La qualité pour saisir le Conseil constitutionnel est en effet strictement encadrée par la loi organique, et toute requête ne remplissant pas ces conditions est automatiquement déclarée irrecevable, sans examen du fond.
Pour le chercheur de l’UCAD, cette irrecevabilité ne constitue ni une validation ni une invalidation du retour politique de l’ancien Premier ministre, mais simplement l’application mécanique des règles de procédure constitutionnelle. « Le Conseil constitutionnel n’a pas à se prononcer sur l’opportunité politique d’une situation, mais uniquement sur la conformité au droit des actes qui lui sont soumis », aurait précisé Mory Fall, selon les informations disponibles. Il aurait également rappelé que le contrôle de constitutionnalité au Sénégal obéit à des règles précises qui ne laissent que peu de place à l’interprétation extensive.
Cette clarification intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par les spéculations autour de l’éligibilité et du positionnement d’Ousmane Sonko dans le paysage institutionnel sénégalais. L’analyse de Mory Fall pourrait contribuer à apaiser les débats en rappelant la distinction entre le terrain politique et le terrain strictement juridique. Le débat, toutefois, est loin d’être clos : plusieurs voix continuent de réclamer une clarification définitive du statut constitutionnel de l’actuel président de l’Assemblée nationale.
