Campagne de Macky Sall pour l’ONU : le soutien encombrant d’Umaro Embaló fragilise sa candidature
La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations Unies se heurte à un obstacle inattendu : l’omniprésence jugée « encombrante » de son allié Umaro Sissoco Embaló. L’ancien président bissau-guinéen, renversé par une junte militaire en novembre 2025, s’affiche régulièrement aux côtés de Macky Sall dans le cadre de ses démarches diplomatiques, une proximité qui susciterait des réserves dans plusieurs capitales occidentales.
Selon des informations exclusives obtenues par Confidentiel Afrique et relayées par plusieurs sources concordantes, l’implication visible d’Umaro Sissoco Embaló dans la campagne de l’ex-chef d’État sénégalais ne constituerait pas le meilleur relais pour convaincre les partenaires américains, dont le soutien demeure déterminant dans cette élection stratégique. La cheffe de cabinet de l’administration Trump n’aurait donné aucune suite aux appels répétés d’Embaló, qui entretenait pourtant de bons rapports avec elle lorsqu’il était à la tête de la Guinée-Bissau. D’après plusieurs officines diplomatiques, l’image de l’ancien dirigeant bissau-guinéen auprès de certains décideurs américains serait marquée par des interrogations liées à la gouvernance et à la stabilité institutionnelle.
Du côté européen, la situation ne serait guère plus favorable. En dépit du lobbying du président français Emmanuel Macron en faveur de Macky Sall, plusieurs nations de l’Union européenne s’interrogeraient sur le rôle d’Embaló, qui dirigerait une opération de campagne souterraine jugée mal orchestrée à Bruxelles. Le président du Conseil européen, Antonio Costa, se serait notamment montré mal à l’aise à l’issue d’un déjeuner avec l’ancien président bissau-guinéen. Ces difficultés s’ajoutent au fait que la candidature de Macky Sall n’a pas obtenu le consensus de l’Union africaine, plusieurs États membres ayant rappelé le principe non écrit de rotation régionale au profit de l’Amérique latine et des Caraïbes pour le prochain mandat.
Dans ce contexte, la stratégie de l’ancien président sénégalais consisterait désormais à multiplier les contacts bilatéraux pour tenter de convaincre les grandes capitales. Mais selon plusieurs analystes cités par des sources diplomatiques, toute personnalité susceptible de susciter des réserves dans des capitales influentes peut peser sur la crédibilité d’une campagne internationale aussi exigeante que celle visant le 38e étage du Glass House à New York. Un haut diplomate américain aurait d’ailleurs confié à Confidentiel Afrique que Macky Sall aurait « investi pieds et mains pour arracher un soutien prépondérant de l’administration Trump, mais sans succès ».
