Cédéao : Birame Diop pressenti à la Commission, Diomaye Faye appelle à l’action
Le sommet de la Cédéao réuni à Lungi, près de Freetown en Sierra Leone, place le Sénégal au centre d’un enjeu diplomatique majeur. D’après les informations concordantes de Seneweb et Dakaractu, s’appuyant notamment sur des éléments relayés par RFI, le général sénégalais Birame Diop est pressenti pour prendre la tête de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. L’ancien ministre des Forces armées serait le seul candidat en lice à ce stade, tandis que le président Bassirou Diomaye Faye a profité de cette rencontre régionale pour appeler à une Cédéao rénovée, plus concrète dans ses réponses aux attentes des populations.
Cette session intervient dans un moment sensible pour l’organisation ouest-africaine, qui célèbre cinquante ans d’existence mais reste confrontée à une série de défis politiques, sécuritaires et économiques. Les coups d’État survenus dans plusieurs pays, la progression des groupes armés dans le Sahel, les tensions avec les États regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel et les lenteurs de l’intégration régionale imposent une réévaluation du rôle de la Cédéao. Selon Dakaractu, une douzaine de dirigeants de la sous-région participent aux discussions après une semaine de réunions préparatoires.
Dans son intervention à Freetown, Bassirou Diomaye Faye a défendu, selon Seneweb, l’idée d’une organisation capable de dépasser les simples diagnostics pour produire des résultats visibles. Le chef de l’État sénégalais a insisté sur la nécessité de transformer les engagements politiques en actions suivies, notamment en matière de paix, de sécurité, de prospérité et d’avenir de la jeunesse ouest-africaine. Les discussions doivent également porter sur la gouvernance démocratique, la coopération sécuritaire, la relation avec les pays de l’AES et la relance des chantiers économiques, dont la monnaie unique.
Si la désignation de Birame Diop se confirme, elle renforcerait la présence du Sénégal dans les instances régionales au moment où la Cédéao cherche à restaurer sa crédibilité et son efficacité. Le prochain président de la Commission devra contribuer à retisser le dialogue entre États membres, rétablir la confiance avec les pays en rupture et donner un contenu opérationnel aux décisions du sommet. Pour Dakar, l’enjeu dépasse une nomination : il s’agit aussi de peser sur l’avenir de l’intégration ouest-africaine dans une période de recomposition politique et sécuritaire.
