Sénégal : le fonio et le sorgho en difficulté face à l’hégémonie du riz importé
Le spécialiste Mandiaye Fall alerte sur le recul du fonio et du sorgho au Sénégal, face à la domination du riz importé et du pain de blé.
Au Sénégal, le fonio et le sorgho continuent de perdre du terrain face au riz importé et aux produits à base de blé. Dans un entretien accordé à l’APS ce lundi 31 août 2026, le chercheur et gestionnaire du patrimoine culturel Mandiaye Fall estime que ces deux céréales africaines anciennes paient aujourd’hui « le tribut le plus lourd » de cette évolution des habitudes alimentaires.
Selon lui, le fonio reste désormais cantonné à quelques zones de l’est du pays, tandis que le sorgho s’est progressivement effacé des tables au point de menacer sa présence dans l’alimentation quotidienne. Le spécialiste rappelle que cette marginalisation ne relève pas seulement d’un choix de consommation, mais aussi d’un déplacement des références culinaires, renforcé par la place prise par le riz blanc dans les repas.
Mandiaye Fall nuance toutefois le constat en soulignant la résistance du mil, qui conserve une forte assise culturelle au Sénégal. Il explique que cette céréale reste soutenue par des habitudes bien ancrées, notamment dans certains repas du soir, et par une continuité sociale qui lui permet de tenir bon malgré la concurrence des produits importés.
Pour le chercheur, la question dépasse la simple diversité des assiettes. Elle touche à la valeur nutritionnelle des céréales locales, à la transmission des savoir-faire et à la souveraineté alimentaire. Son analyse relance le débat sur la place à redonner au fonio, au sorgho et aux productions traditionnelles dans les politiques agricoles, la restauration et les habitudes de consommation au Sénégal, notamment dans les zones rurales.
