Dette publique au Sénégal : le ministère des Finances recadre Serigne Gueye Diop après ses propos sur une restructuration
25 juin 2026

Dette publique au Sénégal : le ministère des Finances recadre Serigne Gueye Diop après ses propos sur une restructuration

Ministre des finances et du budget senegal

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan (MEFP) a publié un communiqué ce mardi 23 juin 2026 pour prendre ses distances avec les déclarations du ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, qui avait évoqué la possibilité d’une restructuration de la dette publique sénégalaise. Ce rappel à l’ordre inattendu entre deux membres du gouvernement intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la gestion des finances publiques.

Lors d’une émission télévisée, le ministre Serigne Gueye Diop avait indiqué que le Sénégal se montrait désormais disposé à envisager une restructuration de sa dette, face à des pressions de paiement qui menacent de fragiliser des secteurs clés de l’économie. Ces propos, relayés par l’agence Bloomberg, marquaient un tournant dans le discours officiel, les autorités ayant constamment écarté cette hypothèse depuis la révélation de la dette dite « cachée » héritée de la précédente administration.

Dans son communiqué, le MEFP précise que les propos du ministre de l’Industrie et du Commerce « ne relèvent que d’une opinion personnelle et ne sauraient en aucune manière refléter la position officielle de l’État du Sénégal ». Le département dirigé par le grand argentier de l’État rappelle qu’il demeure « le seul canal officiel habilité à communiquer sur toute question touchant aux finances publiques et aux relations avec les partenaires financiers internationaux ». En conclusion, le communiqué réaffirme l’engagement de l’État du Sénégal à honorer l’intégralité de ses obligations financières, dans le respect de ses engagements vis-à-vis de ses créanciers et de ses investisseurs.

Ce recadrage public illustre les divergences qui traversent l’exécutif sénégalais sur la question sensible de la dette. Le pays reste à ce jour la seule nation africaine dont la prime de risque souverain se situe en territoire de détresse, les investisseurs exigeant une prime de plus de 1 200 points de base pour détenir sa dette en dollars. Les discussions avec le Fonds monétaire international, déjà fragilisées par les récents bouleversements politiques, pourraient pâtir de ce couac gouvernemental dans les semaines à venir.