Sénégal : Bara Tall alerte sur un défaut de paiement massif des entreprises à l'échéance du 30 juin 2026
21 juin 2026

Sénégal : Bara Tall alerte sur un défaut de paiement massif des entreprises à l’échéance du 30 juin 2026

Economie inflation crise economique

À l’occasion d’une conférence de presse de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), tenue ce jeudi 18 juin 2026 à Dakar, Bara Tall, ingénieur polytechnicien et PDG du groupe Jean Lefebvre Sénégal, a lancé une alerte retentissante. Selon lui, « la plupart » des entreprises sénégalaises vont connaître un défaut de paiement de leurs créances à la fin du mois de juin 2026, alors que le pays traverse une situation de crise financière jugée inédite par les acteurs économiques.

Le 30 juin représente une échéance cruciale pour les institutions financières. D’après plusieurs sources concordantes, les entreprises du BTP et des infrastructures seraient les plus exposées, l’État accusant des arriérés de paiement qui dépasseraient les 300 milliards de FCFA. « On va provisionner l’argent que nous devons à ces banques, qui n’est pas notre propre argent. C’est de l’argent de nos fournisseurs, de nos banques, que nous avons mis dans les projets que l’État a bloqués », a déclaré Bara Tall, illustrant l’effet domino qui menacerait l’ensemble du tissu économique national.

Le constat intervient alors que, lors du Conseil des ministres du 17 juin, le président Bassirou Diomaye Faye a instruit le Premier ministre de finaliser un projet de loi d’orientation stratégique sur le patriotisme économique. Le gouvernement entend également accélérer l’apurement progressif de sa dette intérieure, couplé à un accompagnement public ciblé des entreprises en difficulté. Toutefois, pour Bara Tall, ces mesures demeureraient insuffisantes. « Il ne s’agit plus d’apurer cette dette intérieure. L’État se vante d’avoir récupéré 20 milliards FCFA sur des programmes arrêtés. Combien les entreprises ont-elles perdu depuis lors ? Des centaines de milliards en termes de résultats financiers et de crédibilité », a-t-il soutenu.

Pour rappel, le Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES) avait déjà tiré la sonnette d’alarme sur une menace de crise de liquidité pour le second semestre 2026. Dans l’attente de mesures concrètes, les acteurs du secteur privé appellent à des concertations urgentes avec les pouvoirs publics afin d’éviter, selon leurs termes, une « cascade de défauts de paiement » dont les conséquences pourraient affecter durablement l’économie sénégalaise.