Anita Afonu, coproductrice du documentaire « The Eyes of Ghana », insiste sur le rôle crucial que jouent les images dans la reconstruction de l’histoire africaine. Dans un entretien accordé au « Monde », elle revient sur la nécessité pour les nations africaines de conserver et de contrôler leur propre récit visuel, en particulier face à la représentation souvent déformée ou coloniale de leur passé. La réalisatrice souligne que Kwame Nkrumah, premier président du Ghana, avait compris dès l’époque l’impact des images et leur pouvoir de changement, notamment face aux films coloniaux qui peignaient l’Afrique comme une terre de sauvages. Elle explique qu’elle lutte depuis plus de dix ans, aux côtés de Chris Hesse, le caméraman de Nkrumah, pour préserver ces témoignages de l’indépendance du Ghana, considérés comme des archives essentielles pour une compréhension authentique de l’histoire africaine. Ces images, selon elle, ne doivent pas simplement être conservées, mais aussi être utilisées pour raconter l’Afrique par ses propres moyens, afin d’éviter qu’elle ne soit réductrice ou biaisée par des narrations extérieures. La démarche d’Afonu s’inscrit dans une volonté de justice historique, où l’image devient un outil de libération et d’affirmation identitaire pour le continent.
Anita Afonu souligne l’importance de l’autonomie de l’Afrique dans la sauvegarde de son histoire à travers l’image



