Dans un entretien accordé au « Monde », Achille Mbembe, historien et directeur de la Fondation de l’innovation pour la démocratie, a insisté sur la nécessité de remettre en question la perception erronée voulant que la démocratie soit incompatible avec le contexte africain. Selon lui, cette idée fausse contribue à stigmatiser le modèle démocratique sur le continent africain et à freiner son développement. Mbembe souligne que l’Afrique dispose de ses propres dynamiques démocratiques, qui doivent être reconnues et valorisées, plutôt que rejetées par des préjugés hérités d’un regard extérieur parfois biaisé. La défense d’un modèle démocratique qui lui serait propre est essentielle pour encourager des processus politiques authentiques, adaptées aux réalités africaines, mais également pour renforcer la légitimité de ces systèmes auprès des populations locales. En insistant sur ces points, l’historien souhaite favoriser une compréhension plus nuancée de la démocratie en Afrique, en évitant de la réduire à des modèles occidentaux importés. Sa parole s’inscrit dans un contexte où la perception de la démocratie dans le continent demeure un enjeu crucial, tant pour la stabilité politique que pour le développement économique. La position de Mbembe met en lumière l’importance d’un regard renouvelé sur la gouvernance africaine, en valorisant ses spécificités et en rejetant les idées préconçues qui nuisent à son essor. Dans cette perspective, il invite à une reconnaissance plus juste et plus équilibrée des dynamiques démocratiques propres à l’Afrique, afin de bâtir un avenir plus inclusif et respectueux de ses diversités.
Achille Mbembe : « Il faut lutter contre l’idée fausse selon laquelle la démocratie serait anti-africaine





