Le Sénégal a lancé lundi à Dakar une feuille de route nationale destinée à réduire les émissions de l’industrie du ciment et du béton. Présenté par le ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, ce plan vise à inscrire un secteur essentiel à la construction dans une trajectoire de développement plus sobre en carbone.
La stratégie doit identifier les mesures techniques et les décisions publiques prioritaires, renforcer le suivi des émissions et favoriser l’adoption de normes alignées sur les meilleures pratiques internationales. Elle prévoit également une coopération accrue entre l’État, les industriels et les autres acteurs concernés par la transformation de la filière. Cette démarche doit aussi aider les entreprises à anticiper les exigences environnementales liées aux marchés futurs.
Le document couvre plusieurs étapes, depuis la conception des ouvrages jusqu’à la production du ciment et du béton. La substitution progressive des procédés thermiques les plus polluants pourrait permettre d’éviter 3,5 millions de tonnes de dioxyde de carbone d’ici à 2050, soit 27 % de l’effort de réduction attendu du secteur, selon les responsables du projet.
L’enjeu est important pour l’économie sénégalaise. Les émissions de l’industrie du ciment ont atteint 5,9 millions de tonnes de CO2 en 2024 et pourraient monter à 13 millions de tonnes par an en 2050 sans intervention rapide, a indiqué le ministère de l’Industrie et du Commerce. La feuille de route doit désormais préciser les actions, les échéances et les mécanismes de suivi nécessaires pour accompagner la transition sans fragiliser les activités de construction.





