Guembeul : le Sénégal veut transformer le cactus envahissant en ressource
À Guembeul, une opération de dessouchage du cactus restaure les écosystèmes, soutient les jeunes riverains et prépare sa valorisation.
Dans la réserve spéciale de faune de Guembeul, près de Saint-Louis, une opération de dessouchage est menée pour freiner la progression du cactus, appelé « garga mbossé » en wolof. Introduite il y a une vingtaine d’années pour renforcer un point faible de la clôture, la plante envahissante occuperait aujourd’hui environ 13 % des écosystèmes savanicoles de la réserve.
Le chantier combine des moyens mécaniques et le travail manuel des populations riveraines. Des jeunes et d’autres membres de la communauté interviennent avec des râteaux, des fourches et des pelles, sous la supervision des responsables de la réserve. L’opération bénéficie notamment de l’appui du projet COPEJ, du Bioparc et du programme consacré à la réserve de biosphère transfrontalière du delta du fleuve Sénégal.
Cette action environnementale comporte aussi un volet social. Les journées de travail, organisées de 8 heures à 13 heures, sont rémunérées à hauteur de 5 000 francs CFA. Selon le conservateur Oumar Kane, 70 % des montants mobilisés doivent servir à payer cette main-d’œuvre locale. Le dispositif permet ainsi à des riverains, notamment des jeunes, de disposer de revenus à l’approche de la rentrée scolaire.
Les acteurs veulent désormais aller au-delà de l’élimination du cactus. Des études et initiatives sont envisagées pour transformer les milliers de tonnes extraites en biogaz, en aliments pour le bétail ou en compost. La démarche concerne également les zones du Toubé et du Gandiolais, elles aussi touchées par la prolifération de la plante. À Guembeul, l’objectif est donc de restaurer les habitats tout en convertissant une contrainte écologique en opportunité économique pour les communautés.
