Révision constitutionnelle au Sénégal : à la veille du vote, les oppositions se mobilisent contre le projet du Pastef
À la veille de l’examen en séance plénière de la proposition de loi portant révision de la Constitution, prévu ce lundi 29 juin 2026 à l’Assemblée nationale, une vague de contestations sans précédent monte de toutes parts. Partis politiques, organisations citoyennes et personnalités publiques se succèdent pour dénoncer un projet qu’ils qualifient de « passage en force » orchestré par le groupe parlementaire Pastef, largement majoritaire au sein de l’hémicycle.
Le mouvement citoyen Y en a marre a publié ce dimanche une déclaration cinglante, dénonçant des « magouilles » et exigeant que toute révision de la loi fondamentale soit soumise à référendum. Le constitutionnaliste Mory Fall, enseignant-chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop, a également plaidé pour un référendum sur les réformes majeures, estimant que des modifications aussi profondes du cadre institutionnel ne sauraient être adoptées par la seule voie parlementaire. Dans la même veine, le politologue Dr Demba Gueye a appelé au consensus et mis en garde contre toute « démarche unilatérale » qui risquerait d’aggraver les fractures politiques.
Sur le front politique, Barthélémy Dias, leader du mouvement Sénégal Biñu Bokk (SBB), a appelé ses militants à converger avec les « forces vives de la nation » pour s’opposer à un texte qu’il qualifie de « forfaiture en gestation ». L’ancien maire de Dakar a donné rendez-vous à une mobilisation d’ampleur avant le vote. L’ancienne Première ministre Aminata Touré a, selon des informations disponibles, averti qu’une disposition empêchant le président de la République d’être chef de parti constituerait un « danger pour la République ». Parallèlement, le mouvement Aar Sunu République, officiellement lancé ce samedi 27 juin, a annoncé une « grande marche » de protestation pour le mois de juillet. La Ligue démocratique a, pour sa part, dénoncé ce qu’elle qualifie de « coup d’État institutionnel » du Pastef.
Le texte, porté par le groupe parlementaire de la majorité présidentielle, cristallise les tensions à un moment où les relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko font l’objet de toutes les spéculations. Selon plusieurs sources concordantes, le vote de lundi pourrait constituer un tournant décisif dans la crise politique qui secoue le Sénégal depuis plusieurs semaines. L’opposition parlementaire, par la voix de l’APR, a déjà exigé le retrait immédiat du texte, alertant sur ce qu’elle décrit comme un « recul démocratique ». Le pays retient son souffle à la veille de cette séance qui s’annonce historique.
