Affaire Softcare : la mission parlementaire pointe des failles de contrôle
La mission parlementaire sur Softcare confirme la présence de matières périmées à Sindia, sans preuve scientifique de leur incorporation dans les produits vendus.
La mission d’information parlementaire chargée d’examiner l’affaire Softcare a confirmé la présence de matières premières périmées sur le site industriel de Sindia, dans le département de Mbour. Présentées jeudi à l’Assemblée nationale, ses conclusions font également état de défaillances dans la gestion des stocks et de dysfonctionnements institutionnels.
Selon les éléments rapportés par l’APS, les investigations ont notamment permis d’identifier du film perforé ayant dépassé sa date de validité. Au total, 2 260 kilogrammes de produits et de matières ont été isolés puis détruits par incinération. La mission relève aussi des insuffisances dans le suivi des dates, l’isolement des lots non conformes et la tenue des registres.
Les parlementaires indiquent avoir recueilli des témoignages et des échanges évoquant l’usage habituel de matières périmées. Ils précisent toutefois qu’aucune preuve scientifique ne permet d’établir, a posteriori, que ces matières ont été incorporées dans les couches ou serviettes commercialisées. Cette réserve ne lève pas, selon eux, le risque potentiel pour la sécurité sanitaire.
Le rapport pointe par ailleurs des divergences dans le traitement du dossier par l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique et l’absence du décret d’application de la loi encadrant les produits cosmétiques et d’hygiène corporelle. La mission recommande une traçabilité industrielle renforcée, des procédures strictes de quarantaine et de destruction, ainsi qu’une meilleure coordination entre les administrations concernées. Elle préconise aussi la modernisation des systèmes de suivi, la validation technique des communications liées aux alertes sanitaires et le renforcement des capacités des laboratoires de contrôle, pour protéger les consommateurs et restaurer la confiance.
