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30 août 2025

Tensions nippo-coréennes autour des mémoires : l’Unesco au cœur d’un nouveau contentieux

La Corée du Sud a vivement contesté la récente candidature par le Japon de plusieurs sites industriels — notamment les anciennes mines de l’île de Sado — au patrimoine mondial de l’Unesco, lui reprochant de ne pas avoir respecté sa promesse d’« évoquer le travail forcé des Coréens » durant la colonisation (1910–1945).

Mise en œuvre dans un cadre diplomatique déjà sensible, cette inscription a ravivé les contentieux mémoriels persistants entre les deux pays. Séoul, qui comptabilise plus de 50 000 Coréens mobilisés de force et des milliers de victimes parmi les « femmes de réconfort », exige une reconnaissance explicite de ces faits dans les présentations touristiques et panneaux explicatifs.

En réponse, le Japon affirme que son texte couvrira « l’histoire complète » mais refuse toujours d’utiliser le terme « travail forcé » dans les documents officiels, alors même que le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a exprimé ses regrets face à cette omission. Ce refus est perçu en Corée comme un geste de négationnisme historique, alimentant la méfiance diplomatique et ravivant un débat autour de la sincérité des excuses nippones.

Cette polémique démontre que les enjeux mémoriels, loin d’être historiques, restent un levier géopolitique puissant. Ils affectent non seulement le dialogue bilatéral, mais peuvent aussi influencer la coopération régionale, dans un contexte de rééquilibrage Asie de l’Est — notamment face aux ambitions chinoises et nord-coréennes.