Sénégal : face aux accusations du Financial Times, Dakar dénonce une lecture biaisée et défend la transparence de sa dette
La polémique autour de la gestion de la dette du Sénégal a pris une nouvelle tournure après la publication d’un article du Financial Times évoquant des emprunts « cachés » via des montages financiers comme les Total Return Swaps (TRS). Une interprétation vivement contestée par les autorités sénégalaises, qui dénoncent des informations jugées inexactes et trompeuses.
Dans une réaction officielle, le ministère des Finances a formellement rejeté toute accusation d’opacité, affirmant que l’ensemble des opérations de financement de l’État est réalisé dans un cadre légal, transparent et encadré par une stratégie claire. Les autorités rappellent notamment que ces mécanismes sont intégrés dans la stratégie de gestion de la dette à moyen terme et qu’ils font l’objet de publications régulières ainsi que d’un suivi avec les partenaires internationaux, dont le FMI.
Au cœur des critiques, les TRS sont présentés par certains médias comme une « dette cachée ». Or, ces instruments financiers ne sont ni illégaux ni clandestins. Il s’agit de contrats utilisés sur les marchés internationaux, permettant à un État de mobiliser des liquidités en échange de flux financiers liés à des actifs. Leur utilisation par le Sénégal s’inscrit dans une logique de diversification des sources de financement, dans un contexte international marqué par des contraintes d’accès aux marchés.
Plusieurs voix dénoncent ainsi une présentation jugée orientée de certains médias internationaux, accusés de simplifier à l’extrême des mécanismes techniques pour alimenter une perception négative. Cette lecture est d’autant plus contestée que les autorités sénégalaises affirment avoir déjà expliqué ces dispositifs de manière transparente, notamment devant les institutions nationales.
Dans un environnement marqué par les séquelles d’anciennes controverses liées à la dette, le gouvernement insiste sur sa volonté de rompre avec toute pratique opaque et de restaurer la crédibilité financière du pays. Pour Dakar, assimiler ces instruments à une « dette cachée » relève davantage d’une construction médiatique que d’une réalité économique, et participe à brouiller la compréhension des enjeux financiers du pays.
