Dette du Sénégal : pourquoi le gouvernement refuse toute restructuration malgré les pressions
Le Premier ministre Ousmane Sonko a réaffirmé avec fermeté la position de l’État sénégalais : il n’est pas question de restructurer la dette publique. Cette déclaration intervient dans un contexte où le pays honore régulièrement ses échéances financières, sans retard ni incident majeur. Selon les autorités, le Sénégal ne se trouve pas dans une situation de défaut de paiement, ce qui rend, aux yeux du gouvernement, toute renégociation inutile et potentiellement contre-productive. Cette posture vise avant tout à préserver la stabilité macroéconomique et à éviter l’envoi d’un signal négatif aux partenaires financiers internationaux.
D’après plusieurs observateurs, une restructuration de la dette est généralement associée à des crises financières profondes, lorsque les États ne sont plus en mesure de respecter leurs engagements. Or, dans le cas du Sénégal, les paiements mensuels seraient effectués de manière régulière, ce qui renforce la crédibilité du pays sur les marchés. Les autorités estiment qu’engager un processus de restructuration dans ces conditions pourrait être interprété comme un aveu de fragilité budgétaire, même si la situation réelle ne le justifie pas. Une telle perception pourrait entraîner une dégradation de la note souveraine, une hausse des taux d’intérêt et un accès plus coûteux aux financements futurs.
Le gouvernement semble également vouloir protéger l’image du Sénégal auprès des investisseurs étrangers. Le pays cherche à maintenir son attractivité économique, notamment dans un contexte régional marqué par des incertitudes. Une restructuration pourrait, selon certains analystes, provoquer un recul de la confiance des bailleurs de fonds, ralentir les investissements directs étrangers et fragiliser certains projets structurants. Les autorités privilégieraient donc une gestion rigoureuse des finances publiques, combinée à des réformes économiques, plutôt qu’une renégociation des dettes existantes.
Enfin, cette position s’inscrit dans une volonté politique de souveraineté économique. En refusant la restructuration, le gouvernement affirme sa capacité à gérer les finances publiques sans dépendre de mécanismes internationaux souvent assortis de conditions strictes. Selon certaines sources proches du dossier, l’exécutif préférerait renforcer la mobilisation des ressources internes, améliorer la gouvernance budgétaire et optimiser les dépenses publiques. Cette stratégie viserait à assurer la soutenabilité de la dette sur le long terme tout en protégeant la stabilité sociale et économique du pays.
