Belgique : Le député Maxime Prévot propose de conditionner l’aide au Sénégal à une révision de la législation sur l’homosexualité - SENEGAL24NEWS
22 mars 2026

Belgique : Le député Maxime Prévot propose de conditionner l’aide au Sénégal à une révision de la législation sur l’homosexualité

SENEGAL - BELGIQUE

Le parti libéral francophone belge, le Mouvement réformateur, a proposé de suspendre une partie de l’aide destinée au Sénégal tant que le pays ne revoit pas sa législation relative à l’homosexualité. Portée notamment par le député wallon Guillaume Soupart, cette initiative vise à exercer une pression diplomatique à travers les mécanismes de la coopération internationale.

Le programme de coopération 2024-2029 prévoit une enveloppe d’environ 40 millions d’euros, orientée principalement vers la santé et la souveraineté alimentaire, avec une mise en œuvre assurée en grande partie par l’agence Enabel. Toutefois, cette position ne fait pas consensus au sein de l’exécutif belge. Le ministre de la Coopération au développement, Maxime Prévot, s’en est démarqué, privilégiant une approche plus nuancée dans les relations bilatérales.

Au-delà du débat politique, cette proposition intervient dans un contexte où la Belgique entretient des intérêts économiques significatifs au Sénégal. Le groupe Sea-Invest, acteur majeur de la logistique portuaire, est notamment présent dans les infrastructures du port autonome de Dakar et s’inscrit également dans les dynamiques liées au futur port de Ndayane, actuellement en construction. Ces installations stratégiques jouent un rôle clé dans les échanges commerciaux et le positionnement du Sénégal comme hub logistique en Afrique de l’Ouest.

Par ailleurs, les relations entre la Belgique et le Sénégal dépassent largement le cadre portuaire. Elles englobent des investissements dans l’agro-industrie, l’énergie, les infrastructures ainsi que des partenariats dans la formation et le développement. Cette interdépendance économique souligne les enjeux complexes derrière toute tentative de conditionnement de l’aide publique.

Dans ce contexte, la proposition du Mouvement réformateur soulève des questions sur l’équilibre entre principes politiques et intérêts stratégiques. Elle met également en lumière les limites d’une approche coercitive dans des relations bilatérales où les enjeux économiques, diplomatiques et de développement restent étroitement imbriqués.