Des universitaires et chercheurs sénégalais ont appelé à mieux encadrer l’usage de l’intelligence artificielle afin de préserver l’éthique, la qualité de la recherche et les intérêts de la société. La réflexion a été portée à Dakar dans le cadre d’une rencontre consacrée aux enjeux scientifiques et sociaux de cette technologie.
Les échanges ont mis en avant la progression rapide des outils d’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur, les administrations et les entreprises. Cette évolution ouvre des possibilités pour l’analyse des données, l’innovation et l’amélioration de certains services, notamment dans la santé et l’agriculture, mais elle soulève aussi des questions sur la fiabilité des contenus produits, la protection des données et la responsabilité des utilisateurs.
L’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal et l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont insisté sur la nécessité de développer une approche adaptée aux réalités nationales. Celle-ci doit associer la formation des étudiants et des professionnels, la production de connaissances locales et des règles claires pour l’utilisation des systèmes automatisés. Elle devra également tenir compte des langues nationales et des besoins des secteurs publics, éducatifs et productifs.
Pour les participants, le Sénégal doit éviter une adoption uniquement fondée sur l’effet de mode. Le renforcement de la recherche, le partage d’expertise entre institutions et la sensibilisation du public sont présentés comme des leviers essentiels. L’objectif est de faire de l’intelligence artificielle un outil d’innovation et de développement, sans affaiblir l’esprit critique ni les exigences de transparence. Cette orientation doit guider les prochaines politiques publiques numériques du pays.



