Bakel : les producteurs redoutent les lâchers d’eau du barrage de Manantali
À Bakel, les producteurs de Koughany s’inquiètent des prochains lâchers d’eau du barrage de Manantali et surveillent leurs cultures.
Les producteurs de Koughany, dans la commune de Ballou, à Bakel, redoutent une montée des eaux après l’annonce de prochains lâchers au barrage de Manantali. Selon l’APS, leurs parcelles installées au bord du fleuve Sénégal abritent du maïs, du piment, du gombo, du bissap et de l’aubergine. Plusieurs exploitants craignent de perdre leurs récoltes avant la fin de la campagne.
Cette inquiétude est renforcée par les précédents de 2024 et 2025, marqués par des inondations et des dégâts dans les champs. Certains producteurs ont accéléré la récolte du piment, tandis que d’autres ont surélevé leurs parcelles. L’annonce intervient alors que plusieurs cultures n’ont pas atteint leur pleine maturité et que les agriculteurs espéraient récolter à partir de la fin octobre.
La situation n’est toutefois pas perçue de la même manière par tous les exploitants. Certains estiment que le niveau actuel du fleuve reste normal et que les lâchers pourraient avoir un impact limité. La station de Bakel affichait 7,11 mètres, contre 5,55 mètres à la station de la Falémé, alors que la cote d’alerte est fixée à 10 mètres, selon une note de la Direction de la gestion et de la planification des ressources en eau.
La Société d’exploitation de Manantali et de Félou (SEMAF) a indiqué que l’opération débutera lorsque le lac atteindra 208,05 mètres, un niveau proche de son maximum d’exploitation. Elle appelle agriculteurs, pêcheurs, éleveurs et riverains à prendre des précautions face à la montée possible des eaux. Les producteurs de Koughany suivent désormais l’évolution du fleuve et tentent de sauver les cultures arrivées à maturité.
