Fonds spéciaux : des députés de Pastef réclament un contrôle parlementaire renforcé
Des députés de Pastef plaident pour un contrôle parlementaire renforcé des fonds spéciaux, tout en préservant la confidentialité de certaines dépenses publiques.
Des députés du groupe Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale, ont plaidé jeudi à Dakar pour un renforcement du contrôle parlementaire des fonds spéciaux. Ils estiment que la confidentialité attachée à certaines dépenses de l’État ne doit pas conduire à une absence de contrôle sur l’utilisation des crédits publics.
Lors de l’examen de la proposition de loi organique numéro 38/2026, Abdourahmane Diouf a reconnu que la défense, la sécurité, le renseignement et certaines missions diplomatiques peuvent nécessiter une gestion confidentielle. Il a toutefois soutenu que le Parlement, qui autorise les dépenses en votant le budget, doit également pouvoir contrôler leur exécution.
Le député a insisté sur la complémentarité entre les institutions. Selon lui, le gouvernement exécute le budget, la Cour des comptes exerce ses missions et l’Assemblée nationale doit, elle aussi, vérifier l’usage des crédits votés. Fatou Diop Cissé a de son côté défendu la discrétion concernant l’identité des bénéficiaires de certaines aides sociales, tout en refusant qu’elle serve à instaurer un pouvoir discrétionnaire.
Le garde des Sceaux, Moussa Sarr, a rappelé que les crédits spéciaux peuvent également servir à soutenir des familles en situation d’infortune. Les députés ont ainsi appelé à concilier confidentialité, protection des personnes, transparence financière et responsabilité démocratique. Le texte examiné vise à compléter la loi organique de 2020 relative aux lois de finances, en précisant les règles d’utilisation et de contrôle de ces crédits. La réforme entend ainsi encadrer une pratique budgétaire sensible, sans compromettre les impératifs de sécurité ni la protection des citoyens aidés.
