CN-ITIE : le Sénégal doit accélérer le transfert des revenus extractifs vers les collectivités territoriales
Le Sénégal doit encore corriger une faiblesse persistante dans la gestion des revenus issus du secteur extractif. Dans un entretien accordé à l’APS, le président du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (CN-ITIE), Thialy Faye, a indiqué que les transferts aux collectivités territoriales figurent parmi les indicateurs où le pays enregistre les résultats les plus modestes. Il appelle à un versement intégral des fonds dus par l’État et les compagnies minières et pétrolières.
Selon lui, le point le plus préoccupant concerne les transferts infranationaux, évalués à 50 sur 100 par l’instance internationale de référence de l’ITIE. Le CN-ITIE a déjà engagé un plan d’action pour améliorer cette note, avec l’objectif de faire remonter les ressources effectivement reversées aux communes et aux conseils départementaux. Les montants concernés incluent notamment des redevances minières et des recettes liées aux hydrocarbures.
Le président du CN-ITIE souligne que les fonds destinés aux collectivités existent déjà dans le cadre légal, mais que leur distribution reste incomplète. Des discussions ont été ouvertes avec les ministères concernés afin de lever les blocages administratifs et réglementaires. Certaines ressources des exercices 2020, 2022 et 2023 devraient ainsi être progressivement ventilées, tandis que l’État affine encore le cadre de transfert.
Cette alerte relance le débat sur la gouvernance locale et la redistribution des richesses nationales. Pour les collectivités, un meilleur acheminement des revenus extractifs pourrait renforcer les budgets d’investissement, financer des services de base et réduire les inégalités territoriales. Le message du CN-ITIE est clair : le Sénégal dispose des mécanismes, mais doit désormais accélérer leur exécution pour traduire ses avancées en bénéfices concrets pour les populations.
