Moyen-Orient : l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan scellent une alliance de défense sur fond de guerre avec l’Iran
L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont franchi une étape majeure dans leur rapprochement stratégique ce vendredi 7 août 2026. Réunis en Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif ont conclu le « Mecca Joint Defence Agreement », un accord de défense mutuelle prévoyant qu’une attaque contre l’un des trois pays sera considérée comme une attaque contre l’ensemble des signataires. Les modalités militaires précises de cette assistance n’ont toutefois pas été rendues publiques.
Ce rapprochement intervient dans un Moyen-Orient profondément bouleversé par la guerre contre l’Iran et les attaques qui ont affecté plusieurs pays du Golfe. Riyad, Ankara et Islamabad présentent leur accord comme strictement défensif et affirment qu’il n’est dirigé contre aucun État en particulier. L’alliance réunit néanmoins trois puissances disposant d’atouts considérables : la puissance financière et énergétique saoudienne, l’importante industrie de défense et les forces armées turques, ainsi que l’armée pakistanaise, le Pakistan étant par ailleurs une puissance nucléaire.
Parallèlement, le détroit d’Ormuz reste au cœur de la crise. Ce passage stratégique voit transiter habituellement environ un cinquième du pétrole mondial, mais le trafic a été profondément perturbé depuis le déclenchement de la guerre. Donald Trump a affirmé jeudi qu’une réouverture pourrait intervenir « bientôt », alors que Washington et Téhéran semblent se rapprocher d’un arrangement. Parmi les scénarios évoqués figure un dispositif permettant aux navires d’emprunter les eaux iraniennes à l’entrée du détroit puis les eaux contrôlées par Oman à la sortie, sans paiement de droits de passage à l’Iran. Aucun accord définitif n’est cependant annoncé à ce stade.
La création de cette alliance pourrait ainsi modifier durablement les équilibres stratégiques du Moyen-Orient. L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan restent des partenaires des États-Unis, mais leur rapprochement traduit aussi une volonté croissante des puissances régionales de construire leurs propres mécanismes de sécurité. Entre la guerre avec l’Iran, les tensions autour du détroit d’Ormuz et les interrogations sur l’engagement américain dans la région, l’accord conclu ce 7 août 2026 pourrait devenir l’un des développements géopolitiques majeurs issus de la crise actuelle.
