Avoirs criminels : l’ONRAC annonce plus de 50 milliards FCFA recouvrés
24 juillet 2026

Avoirs criminels : l’ONRAC annonce plus de 50 milliards FCFA recouvrés

Ministere de la justice

L’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) a dressé un bilan marqué par plus de 5 000 biens pris en charge depuis sa création et plus de 50 milliards de francs CFA d’avoirs gérés ou recouvrés à la date de mars 2026, d’après plusieurs sources concordantes. Présentés à l’occasion du cinquième anniversaire de l’institution, ces chiffres replacent la lutte contre la criminalité économique, la corruption et le blanchiment de capitaux au centre de l’agenda judiciaire.

Créé en juillet 2021, l’ONRAC intervient sur les biens issus de procédures pénales, notamment des comptes bancaires, immeubles, véhicules, équipements et matériels saisis. Sa mission ne se limite pas à conserver ces actifs : l’office doit également préserver leur valeur pendant la durée des procédures, organiser leur valorisation lorsque la loi le permet et garantir leur restitution si la justice ne prononce pas de confiscation définitive. Ce rôle est devenu stratégique dans un contexte où l’État veut renforcer la traçabilité des avoirs liés aux infractions financières.

Selon les informations disponibles, l’année 2025 a notamment été marquée par 19 ventes publiques aux enchères organisées dans six régions, pour un montant total d’environ 2,234 milliards de francs CFA. Kédougou aurait concentré une part importante du volume des biens vendus, en lien avec les saisies opérées dans la lutte contre l’orpaillage clandestin, tandis que Dakar aurait généré l’essentiel des recettes du fait de la valeur plus élevée des actifs cédés. Le directeur général Mor Ndiaye a insisté sur la nécessité de gérer ces biens avec rigueur, pendant que le ministère de la Justice annonce des réformes pour moderniser le cadre juridique et digitaliser les procédures.

Ces résultats pourraient renforcer l’effet dissuasif des décisions judiciaires si les mécanismes de recouvrement gagnent en rapidité et en transparence. Les prochaines étapes devraient porter sur le renforcement des moyens humains et budgétaires, la coordination avec les juridictions et l’indemnisation éventuelle des victimes lorsque les décisions définitives le permettent. Pour les autorités, l’enjeu est aussi de faire du Sénégal une référence régionale dans la récupération des avoirs illicites, tout en respectant les garanties judiciaires applicables aux personnes mises en cause.