Sucre : la CSS alerte sur 7 500 emplois menacés par les importations
L’intersyndicale des travailleurs de la Compagnie sucrière sénégalaise alerte sur les risques économiques et sociaux liés à une hausse des importations de sucre pendant la période d’inter-campagne. Selon les informations rapportées par PressAfrik, en s’appuyant notamment sur l’APS, des volumes supérieurs aux besoins réels du marché pourraient menacer plus de 7 500 emplois à Richard-Toll et dans la chaîne d’activités liée à la CSS. Les syndicats demandent une décision rapide pour éviter une nouvelle pression sur les stocks locaux.
Les représentants des travailleurs rappellent que l’ouverture anticipée des importations en 2025 aurait entraîné une mévente de la production locale. Cette situation aurait pesé sur la trésorerie de l’entreprise et retardé le recrutement de travailleurs saisonniers. Pour l’intersyndicale, l’enjeu dépasse donc la seule entreprise industrielle : il touche aussi les familles, les producteurs, les saisonniers et l’économie locale du nord du pays. La CSS reste l’un des principaux pôles d’emploi de la zone de Richard-Toll.
Le responsable syndical Malick Ba a indiqué, lors d’un point de presse à Richard-Toll, que les stocks actuels seraient suffisants pour couvrir la demande nationale, y compris pendant les prochaines fêtes religieuses. D’après les mêmes sources, la campagne sucrière 2025-2026 s’est soldée par une production de plus de 140 000 tonnes, portée par des investissements dans la modernisation industrielle et le développement agricole.
Pour la période d’inter-campagne prévue de septembre à novembre 2026, les travailleurs demandent que les importations ne dépassent pas 60 000 tonnes afin d’éviter une saturation du marché. Les autorités devront arbitrer entre la sécurité de l’approvisionnement, la stabilité des prix et la protection de la production locale. Une décision mal calibrée pourrait fragiliser l’emploi et accentuer les tensions sociales autour d’un secteur stratégique. Le dossier devrait donc être suivi de près par les acteurs économiques, les syndicats et les services chargés du commerce intérieur.
