Sonacos : alerte sur 380 000 tonnes de graines d’arachide immobilisées
La Sonacos ferait face à une situation industrielle préoccupante, avec des stocks importants de graines d’arachide immobilisés dans ses usines. Selon les informations rapportées par Dakaractu, citant L’Observateur, près de 380 000 tonnes de graines seraient exposées à des risques de détérioration si leur transformation n’est pas accélérée. PressAfrik évoquait déjà, la veille, une alerte des travailleurs sur plus de 300 000 tonnes menacées par la lenteur du traitement industriel.
Entreprise stratégique pour la filière arachidière sénégalaise, la Sonacos traverse une période sensible au moment où son nouveau directeur général, Cheikh Ahmed Tidiane Guèye, prend les commandes. D’après les éléments disponibles, plusieurs unités fonctionneraient en dessous de leurs capacités normales. L’usine de Kaolack, qui pourrait traiter environ 1 500 tonnes par jour, n’en transformerait qu’environ 200. À Ziguinchor, la production serait tombée à moins de 100 tonnes quotidiennes pour une capacité estimée à 1 000 tonnes.
Thié Mbaye Ndiaye, secrétaire général national adjoint du Syndicat des corps gras de la Sonacos, cité par les médias, lie ces difficultés à la vétusté des équipements, au manque de pièces de rechange et à des problèmes de maintenance. Il affirme que certaines équipes seraient contraintes de récupérer des pièces sur d’autres machines pour maintenir l’activité. De leur côté, des représentants du personnel appellent à la prudence sur les chiffres avancés : Florian Maïssa Sène Ndiaye estime notamment que les informations sur les volumes immobilisés seraient exagérées et assure que l’activité se poursuit.
Au-delà du débat sur les chiffres exacts, le dossier pose la question de la capacité industrielle de la Sonacos à absorber les récoltes et à protéger les revenus liés à l’arachide. Des pertes importantes pourraient affecter les producteurs, les travailleurs et l’équilibre financier de l’entreprise. Les prochaines décisions de maintenance, d’investissement et de relance seront donc suivies de près, dans un secteur qui demeure central pour l’économie agricole du Sénégal.
