Tensions au Sénégal : le Conseil national des imams et oulémas lance un appel solennel à la responsabilité
29 juin 2026

Le Conseil national des imams et oulémas lance un appel solennel à la responsabilité face aux tensions institutionnelles

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Le Conseil National des Imams et Oulémas du Sénégal (CNIOS) a publié ce lundi 29 juin 2026 une alerte nationale dans laquelle il exprime sa profonde préoccupation face aux tensions qui entourent les débats sur la révision constitutionnelle. Dans un communiqué solennel signé par son président Khalifa Aboubacar Babou, l’institution religieuse rappelle que la Constitution constitue le pacte fondamental de la Nation et que toute réforme touchant aux fondements constitutionnels doit être menée dans un esprit de dialogue et de recherche de l’intérêt général.

Le CNIOS s’adresse nommément aux plus hautes autorités du pays. Au président Bassirou Diomaye Faye, Gardien de la Constitution, le Conseil demande d’user de toute son autorité morale et institutionnelle pour favoriser l’apaisement et garantir l’équilibre des pouvoirs. « Le rôle du Chef de l’État, au-delà des contingences politiques, est de demeurer le garant de la continuité de l’État et de la cohésion de la Nation », souligne le communiqué. Au président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye, le CNIOS rappelle que les parlementaires, bien qu’investis d’un mandat populaire, ne peuvent à eux seuls parler au nom de l’ensemble du peuple sénégalais sur une question aussi déterminante.

L’institution religieuse observe avec inquiétude la montée des tensions, la polarisation du débat public et les risques de fractures sociales que pourrait engendrer une gestion conflictuelle de cette période. Le CNIOS appelle l’ensemble des forces politiques, de la majorité comme de l’opposition, à dépasser les logiques de confrontation et à placer l’intérêt supérieur du Sénégal au-dessus des intérêts partisans. Il recommande la mise en place d’un cadre national inclusif de dialogue impliquant les autorités religieuses, coutumières, universitaires et les acteurs de la société civile.

Selon plusieurs observateurs, cette prise de position du CNIOS intervient à un moment charnière, alors que l’Assemblée nationale a adopté ce même jour la proposition de révision constitutionnelle portée par le groupe Pastef et qu’un bras de fer semble s’engager entre Ousmane Sonko et le président Diomaye Faye sur les modalités de promulgation. « Le Sénégal est une Nation de dialogue, de tolérance et de médiation. Cet héritage doit être préservé par tous », conclut le CNIOS, qui renouvelle son engagement à œuvrer pour un Sénégal uni, stable et respectueux de ses valeurs républicaines.