Dette cachée au Sénégal : le FMI s'interroge sur la crédibilité du cabinet d'audit Forvis Mazars
28 juin 2026

Dette cachée au Sénégal : le FMI s’interroge sur la crédibilité du cabinet d’audit Forvis Mazars

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Le rapport du cabinet Forvis Mazars, livré en juin 2025 après mandat du gouvernement sénégalais, avait fixé les bases chiffrées de ce que l’on appelle désormais la dette cachée du Sénégal. D’après les données disponibles, le ratio dette/PIB aurait été porté à 132 % à fin décembre 2024 dans le périmètre consolidé du Fonds monétaire international, avec un encours de l’administration centrale évalué à 23 666,8 milliards de francs CFA, soit 119 % du PIB. Pourtant, ce rapport n’a jamais été rendu public dans son intégralité, ses conclusions n’étant connues que par recoupements et fuites relayées dans la presse.

Cette absence de publication intégrale alimente désormais la question de la crédibilité du cabinet d’audit. Lors de sa conférence de presse du 25 juin dernier à Washington, Julie Kozack, directrice du département de la communication du FMI, a d’abord salué les réformes engagées par les autorités sénégalaises pour remédier aux vulnérabilités révélées par la dette cachée. Elle a notamment évoqué les audits successifs de la dette publique et les réformes institutionnelles unifiant les fonctions de gestion de l’endettement.

Toutefois, la responsable du FMI a immédiatement nuancé ce satisfecit en indiquant que des actions décisives supplémentaires seront nécessaires et importantes pour consolider les progrès accomplis. Selon plusieurs observateurs, cette déclaration laisse transparaître un certain scepticisme du Fonds quant à la fiabilité des travaux menés par Forvis Mazars, dont le rapport n’a toujours pas été publié dans sa version complète près d’un an après sa remise aux autorités sénégalaises.

Ce doute du FMI sur la qualité de l’audit intervient dans un contexte où le Sénégal cherche à restaurer la confiance de ses partenaires internationaux après les révélations sur l’ampleur réelle de son endettement public. Les prochaines discussions entre Dakar et le Fonds pourraient être conditionnées à la production d’un audit plus transparent et complet, condition sine qua non pour l’aboutissement d’un éventuel nouveau programme économique entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods.