Révision constitutionnelle au Sénégal : le gouvernement réclame un dialogue national, le bras de fer s'intensifie
26 juin 2026

Révision constitutionnelle au Sénégal : le gouvernement réclame un dialogue national, le bras de fer s’intensifie

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La révision constitutionnelle au Sénégal connaît de nouveaux rebondissements ce vendredi 26 juin 2026. Alors que le groupe parlementaire Pastef a imposé ses amendements en commission à l’Assemblée nationale, le gouvernement réclame désormais l’organisation d’un dialogue national préalable à toute adoption définitive du texte. Le député Babacar Ba a officiellement demandé le report de la séance plénière du 29 juin, tandis que plusieurs figures de la société civile et de l’opposition multiplient les mises en garde contre ce qu’elles considèrent comme une dérive institutionnelle.

Le projet de révision constitutionnelle, porté par le président Bassirou Diomaye Faye, cristallise les tensions depuis plusieurs semaines. Le 23 juin dernier, le Forum Civil avait déjà alerté sur un risque de crise institutionnelle majeure, pointant notamment l’utilisation de l’article 103 de la Constitution et la possible voie référendaire évoquée par Ousmane Sonko. La procédure parlementaire s’est brutalement accélérée cette semaine avec l’examen des amendements en commission. Selon les informations disponibles, le groupe Pastef, fort de sa majorité, a réussi à faire adopter ses propositions, infligeant un revers au gouvernement qui souhaitait conserver la maîtrise du calendrier et du contenu de la réforme.

D’après plusieurs sources concordantes, l’exécutif aurait réclamé qu’un dialogue national soit organisé avant toute adoption définitive du texte, une exigence qui traduirait les tensions croissantes entre le palais et l’hémicycle. Babacar Ba a officiellement demandé le report de la séance du 29 juin pour permettre une concertation élargie avec l’ensemble des forces vives de la nation. Alioune Tine, figure respectée de la société civile, a estimé que « le peuple ne se définit pas par la majorité des électeurs », mettant en garde contre une confiscation du débat constitutionnel. De son côté, Abass Fall a affirmé que « le vrai dialogue, c’est à l’Assemblée nationale », défendant la légitimité du débat parlementaire. Parallèlement, un amendement déposé par Amadou Ba devant la Cour constitutionnelle viendrait, selon certaines sources, bousculer le projet initial du chef de l’État, ajoutant une dimension juridique à une crise déjà éminemment politique.

La séance du 29 juin s’annonce désormais comme un moment décisif pour l’avenir institutionnel du Sénégal. Si le dialogue national réclamé par le gouvernement est accepté, le calendrier parlementaire pourrait être significativement bouleversé, repoussant l’adoption de la révision à une date ultérieure. Dans le cas contraire, le risque d’un passage en force alimenterait les accusations de dérive autoritaire déjà formulées par plusieurs députés de l’opposition, dont Abdou Mbow qui a récemment dénoncé une « volonté d’imposer la dictature ». L’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif, pierre angulaire de la démocratie sénégalaise, se trouve au cœur d’une crise politique qui pourrait redéfinir durablement le paysage institutionnel du pays.