Ousmane Sonko s’en prend au Premier ministre Al Amine Lô : « Qu’il se limite aux chiffres »
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Ousmane Sonko, président de PASTEF et de l’Assemblée nationale, a réservé des critiques acerbes au Premier ministre Al Amine Lô lors d’une déclaration de presse ce mardi 23 juin 2026. L’ancien chef du gouvernement a invité son successeur à « se limiter aux chiffres », remettant en cause sa légitimité politique et l’accusant d’avoir joué un rôle dans la crise politique actuelle que traverse le Sénégal.
Depuis plusieurs mois, le pays est confronté à une situation de cohabitation inédite entre le président Bassirou Diomaye Faye et une Assemblée nationale largement dominée par PASTEF, qui dispose de 130 députés sur 165. Les relations entre l’exécutif et le législatif se sont progressivement tendues, sur fond de divergences autour de la révision constitutionnelle et de l’adoption du nouveau Code du travail. Dans ce contexte, les échanges entre le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre sont scrutés de près par l’ensemble de la classe politique.
« Je fais tout pour rester en bons termes avec lui », a d’abord affirmé Ousmane Sonko, avant de recadrer sèchement les interventions publiques du chef du gouvernement. « Je l’ai entendu donner des leçons de morale. Mais il doit savoir qu’on est informé de tout ce qu’il fait. » Le leader de PASTEF a ensuite été plus explicite, laissant entendre que le Premier ministre ne serait pas étranger aux tensions actuelles : « Nous savons qu’il a joué un rôle dans tout ce qui se passe actuellement », a-t-il déclaré devant la presse, selon les informations disponibles.
Ces déclarations marquent une escalade notable dans les tensions au sommet de l’État sénégalais. Elles interviennent alors que la présidence de la République, par la voix de son porte-parole Me Abdoulaye Tine, a récemment évoqué la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée nationale — une option qualifiée de « pari risqué ». La dégradation des relations entre le président de l’Assemblée et le Premier ministre pourrait, selon plusieurs observateurs, compliquer davantage la mise en œuvre de l’agenda gouvernemental dans les mois à venir.
