Révision constitutionnelle au Sénégal : Ousmane Sonko clarifie la procédure référendaire et écarte toute modification présidentielle
Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a apporté ce lundi 22 juin 2026 des précisions majeures sur la procédure de révision constitutionnelle en cours. À l’occasion de la séance plénière consacrée à l’examen des projets de loi portant Code du travail et Code de la sécurité sociale, le président de l’institution parlementaire a tenu à clarifier les contours de la procédure référendaire, indiquant que le texte adopté par les députés serait soumis tel quel au vote populaire, sans que le président de la République ne puisse y apporter la moindre modification.
La proposition de loi portant révision de la Constitution, déposée par les députés de la majorité PASTEF, est actuellement engagée dans sa phase d’adoption. Selon les informations disponibles, cette proposition renforcerait considérablement les prérogatives du Premier ministre. Ousmane Sonko a exposé le scénario d’un éventuel désaccord entre les deux pouvoirs : le chef de l’État conserve la faculté de demander une seconde délibération à l’Assemblée nationale, auquel cas le texte ne pourrait être considéré comme approuvé que s’il recueille les voix des trois cinquièmes des députés, contre la seule majorité absolue exigée en première lecture.
« C’est le projet adopté par les députés qui sera soumis au référendum. Le président de la République ne peut y toucher aucune virgule », a déclaré Ousmane Sonko devant l’hémicycle. Le président de l’Assemblée nationale a précisé que la seule marge de manœuvre laissée au chef de l’État consiste à saisir le Conseil constitutionnel sur le texte. Pour Ousmane Sonko, cette répartition des compétences ne traduit aucune confusion des pouvoirs. « Il ne s’agit pas d’usurper des prérogatives du pouvoir exécutif », a-t-il affirmé, assurant que chaque institution exercera ses attributions constitutionnelles propres dans le cadre de cette procédure.
Cette clarification intervient dans un contexte de vives tensions institutionnelles entre le pouvoir législatif et l’exécutif. La proposition de révision constitutionnelle, qui vise à rééquilibrer les pouvoirs entre le président de la République et le Premier ministre, cristallise les débats politiques depuis plusieurs semaines. La voie référendaire, désormais confirmée par le président de l’Assemblée nationale comme unique issue possible, devrait permettre aux Sénégalais de se prononcer directement sur cette réforme d’envergure. La date du scrutin référendaire n’a pas encore été communiquée par les autorités compétentes.
