Révision constitutionnelle : l’Assemblée nationale déclare recevable la proposition de loi
Le Bureau de l’Assemblée nationale a annoncé, ce vendredi 13 juin 2026, avoir déclaré recevable une proposition de loi portant révision de la Constitution. Portée par un groupe de députés, cette initiative législative intègre l’ensemble des observations contenues dans la décision du Conseil constitutionnel, relançant ainsi un débat juridique et politique de première importance sur l’évolution du cadre institutionnel sénégalais.
Selon les informations disponibles, la proposition de loi vise à modifier plusieurs dispositions constitutionnelles, en conformité avec les remarques formulées précédemment par le Conseil constitutionnel. Toutefois, cette procédure suscite des réserves dans les milieux juridiques. Le Dr Yaya Niang, constitutionnaliste, a estimé qu’« aucune révision constitutionnelle n’est possible sans collaboration avec le Président de la République », soulignant la nécessité d’un consensus élargi avant toute modification du texte fondamental. Cette mise en garde intervient alors que le rapport de force à l’Assemblée nationale est marqué par une configuration politique inédite depuis l’accession au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye en mars 2024.
D’autres voix se sont élevées pour appeler à la prudence. L’ancien ministre Modou Diagne Fada a déclaré qu’« aucune majorité parlementaire ne devrait modifier seule les règles du jeu électoral », plaidant pour un large consensus englobant l’opposition. De son côté, le juriste Meïssa Diakhaté a analysé la question de la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, estimant qu’il s’agit d’une « compétence du Conseil constitutionnel sans texte », pointant les zones d’ombre juridiques qui pourraient peser sur les débats à venir.
L’examen de cette proposition de loi devrait intervenir dans les prochaines semaines, alors que la session parlementaire touche à sa fin. Les observateurs s’attendent à des débats nourris au sein de l’hémicycle, dans un contexte politique déjà tendu par les récents bouleversements à la tête de l’exécutif. La question de la révision constitutionnelle pourrait cristalliser les tensions entre les différentes forces politiques du pays et constituer un test majeur pour la cohésion de la majorité parlementaire.
