Sénégal : Tribunal de Dakar, Trois individus ont été arrêtés pour « atteinte à l’administration de la justice »
Tribunal de Dakar
Le bureau d’enrôlement du tribunal de Dakar est secoué par un scandale avec la disparition de près de 5000 dossiers judiciaires confidentielles qui ont été extraits frauduleusement.
Le suspect aurait extrait une base de données couvrant plus de cinq ans d’activité judiciaire, du 1er décembre 2020 au 10 avril 2026.
Environ 5 000 dossiers judiciaires ont été extraits frauduleusement.
La Brigade des affaires générales (BAG) de la Division des investigations criminelles (DIC) a permis l’interpellation de trois individus dont P. Sakho, consultant en informatique, M. Ka, surveillant de prison principal, et I. Coulibaly, informaticien au bureau de recouvrement du tribunal.
Tous les trois ont été déférés au parquet ce lundi 13 avril 2026. Ils seraient poursuivis pour « atteinte à l’administration de la justice », Au totale « 4 792 dossiers » ont sensibles stockés illicitement dans l’ordinateur personnel de Sakho.
Pour information, le sieur Ka un surveillant de prison aurait dénoncé Sakho. Il affirme lui avoir donné accès au bureau sous prétexte de concevoir bénévolement un logiciel de numérisation destiné à moderniser un système d’enrôlement jusque-là « essentiellement manuel ».
Profitant de ce travail au Palais de justice, il aurait réussi à extraire une base de données couvrant plus de cinq ans d’activité judiciaire, du 1er décembre 2020 au 10 avril 2026.
L’exploitation de l’ordinateur portable de Sakho a permis de découvrir des informations hautement sensibles, notamment « des identités de personnes mises en cause, des infractions, des mandats de dépôt et des décisions rendues ».
Lors de son audition, le mis en cause a reconnu avoir « accédé aux registres d’enrôlement et manipulé des données judiciaires », il a aussi reconnu avoir agi avec la complicité de certains agents du tribunal.
Il a notamment cité Coulibaly comme facilitateur. Cité par la même source, ce dernier, en poste depuis juin 2025, a admis avoir « commis une faute, en transmettant ces données à un tiers non habilité », portant sur les audiences de l’année 2025.
Il conteste toutefois être à l’origine de l’ensemble des données récupérées, estimant que les dossiers antérieurs à sa prise de fonction proviendraient des registres conservés au bureau de Ka.
L’enquête se poursuit dans le but de déterminer l’étendue des responsabilités ou par malheur un usage détourné de ces données sensibles.
