Espagne : violences racistes à Torre‑Pacheco, dix interpellations après des émeutes ciblant les immigrés

Depuis le 13 juillet 2025, la petite ville de Torre‑Pacheco, près de Murcie, est le théâtre de violences anti‑immigrés alimentées par une vidéo d’agression apparente d’un retraité de 68 ans par trois jeunes d’origine nord‑africaine. Ce climat de tension a débouché sur trois nuits consécutives d’émeutes, avec des bandes munies de bâtons, parfois organisées via les réseaux sociaux, cherchant des migrants dans les rues.
Les forces de l’ordre sont intervenues massivement : la Guardia Civil et la police locale ont déployé plus de 135 agents, procédé à 10 arrestations au total – dont 6 pour des actes de violence et 4 en lien avec l’agression initiale – et identifié une centaine de personnes potentiellement impliquées.
Les autorités espagnoles ont rapidement condamné ces événements : le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande‑Marlaska, a pointé du doigt les discours xénophobes et racistes de la droite extrême, notamment le parti Vox, comme ayant attisé la violence. Les dirigeants locaux et régionaux, ainsi que le gouvernement, ont lancé des appels au calme et à la cohésion, soulignant que rien ne justifie ces attaques, et ont ouvert des enquêtes pour incitation à la haine.
Les tensions autour de l’immigration, déjà exacerbées en Espagne, trouvent ici une expression alarmante, marquée par une montée de la violence ciblée dans une ville dont près d’un tiers de la population est d’origine étrangère. Des experts estiment que ces incidents rappellent ceux d’El Ejido en 2000, et appellent à des efforts urgents pour contrer la désinformation sur les réseaux et renforcer le dialogue entre communautés.